Le rêve est devenu réalité. À Paris, sous les yeux d’un public en feu, Jimmy Gressier a décroché l’or sur le 10 000 mètres, offrant à l’athlétisme français un moment historique. À 27 ans, le natif de Boulogne-sur-Mer s’impose enfin sur la scène internationale, au terme d’une course parfaitement maîtrisée.
Dès le départ, Gressier a pris ses responsabilités. Installé dans le groupe de tête, il a répondu sans trembler aux changements de rythme des favoris africains. Avec un passage au 5 000 mètres en 13’40’’, il a affiché une régularité impressionnante. À trois tours de l’arrivée, porté par un stade en ébullition, le Français a placé une attaque décisive, creusant un écart irrattrapable.
Le chrono final, 27’15’’24, vient couronner une performance exceptionnelle. Non seulement Gressier signe son record personnel, mais il devient également le premier Français sacré sur 10 000 m dans une grande compétition internationale depuis plus de 30 ans. Derrière lui, l’Ougandais Jacob Kiplimo termine deuxième en27’18’’10, tandis que l’Éthiopien Berihu Aregawi complète le podium en27’19’’85.
Ce sacre n’arrive pas par hasard. Depuis plusieurs saisons, Gressier accumule les places d’honneur : triple champion d’Europe espoirs, médaillé continental sur le 5 000 m, et régulier finaliste en meetings mondiaux. Ses progrès constants sur le plan physique et mental l’ont amené à ce point culminant. À l’image de ses séances d’entraînement intenses, flirtant souvent avec les 200 km hebdomadaires, son abnégation est désormais récompensée.
Au-delà de l’exploit individuel, cette médaille incarne un renouveau de l’athlétisme français, en quête de leaders capables de rivaliser au plus haut niveau mondial. Gressier, avec sa détermination et son style offensif, peut inspirer une nouvelle génération de coureurs.
Reste une question centrale : cet or marque-t-il l’apogée d’un parcours déjà exceptionnel, ou le début d’une ère où Jimmy Gressier pourra régulièrement défier et battre les références mondiales du fond ?
