Une nouvelle expansion s’ouvre pour les sports de raquette en France. Le 2 janvier 2026, la Fédération française de tennis a officiellement obtenu la délégation du pickleball. Une décision stratégique pour la FFT, qui poursuit sa diversification après le succès du padel. Depuis l’arrivée de ce dernier, les sports de raquette ont connu un véritable renouveau, porté par un nombre croissant de licenciés, mais aussi par une diversité accrue des profils et des âges. L’espoir est désormais de voir le pickleball suivre une trajectoire similaire, tant ce sport se distingue par son aspect ludique et par ses besoins en espace bien plus réduits que le tennis.
Inventé en 1965 aux États-Unis, le pickleball connaît aujourd’hui une croissance spectaculaire. En 2024, près de 20 millions de pratiquants étaient recensés outre-Atlantique, faisant de lui le sport à la croissance la plus rapide du pays, avec une augmentation de plus de 300 % en trois ans. Cette dynamique s’explique par un concept simple : un terrain proche de celui du badminton, un filet, une balle légère en plastique perforée et des raquettes plus petites que celles du tennis ou du padel. Pratiqué en simple ou en double, le pickleball est réputé pour sa prise en main immédiate : en quelques minutes, un débutant peut déjà échanger et prendre du plaisir. Accessible, inclusif et intergénérationnel, il coche de nombreuses cases pour séduire un public large, notamment en milieu urbain.
Au-delà de l’aspect sportif, le pickleball représente également une opportunité économique réelle pour les clubs et complexes sportifs. Ces dernières années, de nombreux terrains de tennis étaient peu utilisés, voire délaissés, en particulier depuis l’essor du padel. Or, un court de tennis classique peut accueillir jusqu’à quatre terrains de pickleball, sans nécessiter de lourds travaux. Grâce à de simples marquages au sol et à l’installation de filets fixes ou portables, la transformation est rapide et peu coûteuse. Cette réhabilitation permet non seulement d’optimiser l’utilisation des infrastructures existantes, mais aussi d’attirer de nouveaux pratiquants et de diversifier les sources de revenus.
La comparaison avec le padel s’impose alors naturellement. En France, ce dernier bénéficie d’une avance considérable, avec plusieurs milliers de terrains et une structuration déjà bien établie. Le pickleball, encore émergent sur le territoire, n’en reste pas moins prometteur. Là où le padel s’est développé comme un sport compétitif et institutionnel, le pickleball s’inscrit davantage dans une logique de pratique sociale et accessible, capable de toucher rapidement un public très large.
Une question se pose donc : le pickleball peut-il rattraper l’avance prise par le padel en France, et pourquoi pas viser une reconnaissance olympique à long terme ? Si sa croissance et son accessibilité jouent clairement en sa faveur, il lui reste encore à se structurer à l’échelle internationale pour prétendre à un tel statut. Une chose est sûre cependant : avec l’appui de la FFT et un modèle économique attractif, le pickleball ne peut plus être considéré comme un simple phénomène de niche. Il s’impose progressivement comme un nouvel acteur crédible des sports de raquette.
Noé Le Page
